36 heures à Paris

Avant j’aimais Paris. Mais ça, c’était avant… quand j’y habitais.

J’y suis retournée pour 36 heures au début du mois et en 36 heures, j’ai eu une piqûre de rappel de tout ce que je détestais de cette ville :

– trajet aéroport Charles de Gaulle > école militaire en taxi : 65 euros. en fait c’était 62,80 € mais le taxi n’a pas cru bon de me rendre la monnaie ou même de me remercier pour le pourboire. Peut-être parce que pendant tout le trajet (48 minutes), j’ai eu droit à un service spécial généralement surtaxé : le « tutoiement – ma chérie – mamzelle – ma beauté – radio Nostalgie pour les sourds »

– le lendemain, rendez-vous à Neuilly. ça tombe bien, j’ai le choix entre un bus direct et 3 métros différents. ça tombe mal, c’est un jour de manifestation (un de plus) et le lieu de rassemblement n’est autre que place Joffre, bus annulé.

– Evidemment pour revenir de Neuilly, il fallait bien un colis suspect dans le métro.

– Pour dîner, en particulier dans les restaurants à la mode, ceux pour lesquels cela se bouscule au portillon, il y a deux services. A 20 heures et à 22 heures. Alors c’est parti pour 20 heures parce que le lendemain mon avion décolle à 7 heures du matin. Mais pour 20 heures, il faut au moins partir à 19h30. Et à 19h30, c’est encore l’heure de pointe dans le métro ! on est serré, ça sent mauvais, l’agressivité est au rendez-vous, mon pied glisse et frotte une chaussure… et hop un petit coup de pied dans le tibia pour bien me faire comprendre, qu’ ici, à chacun son espace vital.

Le lendemain matin à 5h30, j’ai pris LeCab, le chauffeur était à l’heure, discret, en costard cravate, il m’a proposé de choisir ma musique et, depuis un iPad, je pouvais lire journaux et magazines. Tout cela pour 49 euros. Les taxis parisiens ont bien raison de se faire du soucis !

ouf, me voilà de retour dans ma « ville au bord de la guerre civile » comme me disent certains parisiens…

 

PS :  j’ai eu confirmation dans le Kyiv Post que j’ai lu dans l’avion, le concert de Mireille Mathieu du 6 mars dernier avait été annulé et reporté au 8 juin… pas de bol, je l’ai loupé ! Je vous laisse, tout de même, découvrir comment elle y est présentée.

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Quand avant d’être expatriate housewife, on est d’abord housewife

3 semaines depuis mon dernier post (cela n’était pas prévu), 3 semaines depuis que j’ai arrêté de travailler… difficile de résumer 3 semaines remplies, 3 semaines d’administratif, 3 semaines de courriers recommandés, 3 semaines de résiliations en tout genre, 3 semaines de déménagement, 3 semaines d’émotion. Avec 2 points d’orgue (exceptionnellement, il y en aura 2) :

–          le 5 juin : fin de l’école, départ de Marcelline, la nounou de rêve, fidèle depuis la naissance de Louise il y a plus de 4 ans, fête de départ avec les copains de Louise au Champ de Mars. Une journée, que j’ai passée à fleur de peau, les larmes aux yeux. Parce que même si l’on entend que les enfants s’adaptent plus vite au changement que nous, même si je sais que Louise a bien compris que nous allions vivre à Kiev, même si je comprends, qu’au vu de ses réactions, Eugénie a bien intégré le changement, le doute persiste. Est-ce que tout va bien se passer pour elles ? est-ce qu’elles seront aussi heureuses ?

–          le 12 juin : appartement vide, état des lieux, dernier regard sur ma Tour Eiffel (depuis mon arrivée à Paris, il y a 15 ans, au fil de mes déménagements, j’ai toujours cherché à m’en approcher le plus possible), déjeuner dans le Marais, un dernier Merveilleux pour la route et hop, direction Roissy pour récupérer Mister Jo puis direction la campagne.

Mes 10 derniers jours parisiens ont été difficiles, en plus de devoir gérer cette boule au ventre synonyme de changement imminent, une sorte de malchance est venue s’agripper à moi :

–          jeudi 4 juin – 22h30 : mail de la société de déménagement, « il manque un document à votre dossier, sans ce document, nous ne pourrons procéder au déménagement ». Le déménagement devant débuter lundi 8, je commence à paniquer, le document a été envoyé il y a plus de 3 semaines, et impossible de régler le problème avant demain matin…

–          vendredi 5 juin.

  • 9h00 Société de déménagement – interlocuteur n°1 (qui n’est pas mon interlocuteur habituel) : « dans notre dossier, votre déménagement n’est pas prévu le 8 mais le 10 »… interlocuteur n°2 (le contact habituel) : finalement pas de problème, les déménageurs seront bien là lundi 8 à partir de 10 heures.
  • 9h30 retour du piano de Mister Jo parti en rénovation depuis quelques semaines.
    • Moi « mais, où est la banquette ? »
    • Livreur de piano « nous ne l’avons pas »
    • elle a donc disparu. unique solution : aller en chercher une lundi à Vélizy (simple)

–          Lundi 8 juin : arrivée des 6 déménageurs (chacun sa pièce) à 8 heures pétantes (et non 10 heures). Inutile de dire que ce que j’avais prévu de faire entre 8 heures et 10 heures, comme préparer ma valise, trier les jouets des enfants, mettre à part les bijoux, documents importants et tout ce dont j’ai besoin au quotidien, tout cela a dû être fait en 15 minutes… avec les erreurs et oublis (comme le chargeur de batterie de mon ordi qui est maintenant dans l’un des 273 cartons du déménagement) que la précipitation engendre.

–          Lundi 8 soir : l’appart est presque vide, je ferme les fenêtres avant de partir me réfugier chez mes beaux-parents à quelques mètres de là, mon téléphone (tout neuf) glisse de ma main, l’écran se brise.

–          Mardi 9 : 8 heures, jour 2 du déménagement, cette fois, je laisse l’équipe pour filer à Vélizy chercher la banquette du piano. Ouf pas trop d’embouteillage.

–          Mercredi 10 : 9h25 je reçois le fedex de Mister Jo avec les documents à faire « apostiller » : au total 8 documents (actes de naissance, acte de mariage, diplômes) nécessitent une apostille pour nos Visas ukrainiens. Facile, il suffit de faire la queue à la cour d’appel de Paris (quai des Orfèvres dans le 1er). Problème n°1, seules 5 apostilles ne peuvent être délivrées… j’ai 8 documents… pas grave, j’essaierai de négocier (et ce n’est pas négociable), alors je ferai 2 fois la queue… en fait, arrivée devant la dame aux autocollants et tampons, je comprends que cela sera plus compliqué que prévu : mes filles sont nées à Neuilly, il faut aller à la cour d’appel de Versailles (normal), elle peut uniquement s’occuper de mon acte de mariage, mais pas des diplômes de Mister Jo car il faut d’abord les faire certifier conforme à la mairie (pourquoi n’y ai-je pas pensé avant). Moi « et après, je peux faire poser les apostilles à Versailles ? », la dame « non, après, vous revenez ici ». A Versailles, le service des apostilles est ouvert de 14h à 16h. J’y suis pour l’ouverture, je passe la première et repars 10 minutes plus tard avec mes 4 documents apostillés… en les regardant, je m’aperçois qu’il y a une erreur sur l’une des apostilles… 15 minutes plus tard, après avoir assister à une tentative de décollage puis recollage de l’apostille, j’ai compris qu’il fallait mettre mon mal en patience, aller à la mairie de Neuilly refaire un acte de naissance, puis retourner à Versailles faire reposer une apostille… avant 16h (tout simplement)

–          Jeudi 11, la boule au ventre, je vais déposer ma voiture chez Mini pour réparation du feu arrière gauche. « désolée, Madame, nous avons oublié de commander la pièce, impossible d’en avoir une avant lundi »… tant pis

–          Vendredi 12, résiliation EDF impossible… « un agent sera sur place mardi prochain entre 12 heures et 16 heures, son déplacement vous sera facturé »

Comme me l’a écrit Léa, tous ces contre temps n’étaient pas de la malchance, juste une façon de me faire comprendre qu’il était temps de partir… Bye bye avenue Rapp, bye bye Paris.

Préambule

Voilà dans 3 semaines, je quitte Paris.

C’est le cœur lourd que je quitte cette ville, que j’ai adopté et aimé passionnément, et une vie construite comme je l’imaginais.

Il y a un peu plus de 15 ans, je quittais la Côte d’Azur pour Paris sans aucun remord, comme une évidence. Je débarquais dans cette ville, que je connaissais à peine, conquérante et véritablement à l’assaut du monde professionnel, avec une ambition qu’aujourd’hui j’ai du mal à retrouver… elle s’est perdue au fil des années sans que je ne m’en aperçoive vraiment. La vie, l’amour, les bébés, la crise, les changements de priorités… la course continuelle contre le temps est devenue mon objectif principal et quotidien. Facile d’imaginer qu’à ce jeu, on est souvent perdant.

Comment vivre pleinement une carrière professionnelle, quand on est une femme, sans être un peu égoïste ? et comment supporter cette part d’égoïsme quand on a des enfants ?

Le déclic : l’été dernier, épuisée par une année de sommeils entrecoupés de nombreuses pauses biberons, je regardais ma belle-mère, une super woman (brillante carrière et vie personnelle accomplie), et j’ai pensé tout haut « mais comment a-t-elle fait ? ». La révélation est venue de mon beau-père qui spontanément me dit « vous savez Maud, à l’époque tout était plus simple, il n’y avait pas d’embouteillage, à la maison, on était aidé, il n’y avait pas cette même urgence au travail ».

Mails, appels, mails, pleurs, PME perso à gérer, appels, mails, mails, mails… début de déconnexion en cours…

Dans ce contexte, comment ne pas accepter la proposition de Mister Jo (car il l’a obtenu son smart move) d’une expatriation à Kiev ?

Ce blog existe avant tout pour partager cette nouvelle aventure et garder un lien avec vous, ma famille éparpillée, mes belles rencontres, mes jolies expériences, et tout ceux qui ont contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Il me permettra aussi de conserver ma rigueur, un rythme.

Ce blog, c’est ma façon d’écrire une nouvelle page de ma vie sans oublier les précédentes. C’est assumer un choix, celui d’arrêter provisoirement de travailler, pour retrouver un rapport au temps plus sain…
Les nombreuses heures que je passais en réunion ou à écrire des communiqués de presse, corriger des plaquettes, briefer des agences ou animer des réseaux sociaux, seront désormais consacrées à de nouvelles choses : passer du temps avec mes bébés, prendre le temps d’apprendre le russe intensivement, découvrir une nouvelle culture, laisser place à l’imprévu… me retrouver.

Merci Mister Jo pour cette pause inespérée.

Et puis, à Kiev, je suis certaine que j’aurai des milliers d’anecdotes à raconter !

до завтра