A la faveur de l’automne

Je crois que l’automne est la plus belle saison à Kiev. Les parcs sont sublimes. Les arbres ont revêtu leurs habits de lumière.

WP_20131013_014La grande activité de ce début d’automne est la confection de couronnes de feuilles. Dit comme cela, cela ne paraît pas incroyable mais je vous assure que ça l’est. Partout dans les parcs, les mamans et adolescentes ramassent les plus belles feuilles et réalisent des chapeaux étonnants. Une pratique qui semble se transmettre de mères en filles et qui nécessite une grande technique. Tania a eu la gentillesse de m’initier à cet art éphémère, peut-être que l’an prochain je me lancerai toute seule.

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Parce qu’on n’arrête pas, du jour au lendemain, une activité qui procure de grands moments de découverte, j’ai fait une très très longue queue pour goûter aux перепички. Et finalement, je ne regrette pas ce temps d’attente, car un перепичка (pérépitchka), cela se mérite. Pour la description : c’est une sorte de hot dog, mais à la place du pain, c’est un beignet. Le перепичка est donc hyper gras, hyper calorique, mais qu’est-ce que c’est bon ! Même Miss L. et Miss E. rarement partantes pour des découvertes culinaires en raffolent. Bien évidemment,  je ne peux plus passer sur Bodgana (le nom de la rue) sans faire un petit stop devant cette petite cahute.

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Parmi les instants amusants de ma nouvelle vie, la réunion parents/maîtresses au садик de Miss E. tient une place de choix. Pour rappel et pour bien comprendre la situation, j’apprends le russe mais la langue de l’Ukraine est l’ukrainien. C’est un peu comme si j’apprenais le français en vivant en Italie, à la nuance près que la plupart des Ukrainiens parle russe. Mais dans les écoles, les enseignants sont tenus de parler ukrainien.

Même si je savais que ma présence à cette réunion serait anecdotique, j’y suis quand même allée. Pendant les 10 premières minutes, je n’ai absolument pas capté un seul mot. Puis une enseignante est venue à côté de moi pour me traduire en anglais les grandes lignes de la réunion (sympa !). Plusieurs enseignantes se succèdent pour expliquer les différentes matières enseignées… et tout à coup, je commence à comprendre ce qu’il se dit, deux minutes plus tard, je comprends que cette enseignante là parle russe (génial !), la suivante aussi (cool !). Puis la directrice vient me voir et me donne des documents traduits en russe rien que pour moi. Même si je ne suis pas encore au top niveau en russe, j’apprécie le geste, qui me permet de comprendre que Miss E. en plus de prendre deux petits-déjeuners, dîne aussi deux fois (au садик à 17h et à la maison quelques heures plus tard) . Au bout du compte, j’ai tenu les 2 heures de réunion sans problème !

Cela fait maintenant 5 semaines que j’ai commencé à apprendre le russe. Après quelques jours de découragement en début de semaine dernière, noyée dans les exceptions de la déclinaison des noms communs à l’accusatif pluriel, j’ai eu enfin un déclic. Mister Jo m’avait prévenue, il y a des paliers dans l’apprentissage de cette langue… et je viens d’en passer un. Mardi dernier, lors d’un business lunch entre Françaises, je comprends que je paie beaucoup beaucoup trop cher mes communications avec l’opérateur Kyiv Star. Alors, jeudi, j’étais bien décidée à changer d’opérateur. J’entre donc chez MTC :

Moi : do you speak english?

La vendeuse : нет (niet)

Alors, comme je veux vraiment changer d’opérateur, je me lance en russe. C’est dingue, elle me comprends. Pour être certaine de me donner le forfait approprié à mes besoins, elle me pose des questions simples et je les comprends. Wouah, en 15 minutes, j’ai un tout nouveau forfait où tout est quasiment gratuit ! En sortant du magasin, j’étais fière de moi.

Et sur ma lancée, je décide de régler le problème Internet car une fois de plus l’Internet a sauté depuis deux jours. Et ça marche ! c’est comme si j’avais trouvé une clé pour me faciliter la vie en Ukraine !

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Aller simple pour Kiev

Ça y est, à force d’en parler, il fallait bien que cela arrive. Me voilà donc depuis hier (après un bon mois de vacances) à Kiev (visa en poche) pour longtemps, sans date de retour en France. Au moins jusqu’à ce que j’ai obtenu mon permis de séjour !

Au fond de moi, même si j’avais le cœur serré avant de prendre l’avion, j’attendais ce moment. Il est vraiment temps maintenant que cette nouvelle vie d’expatriée commence, et que ce blog prenne tout son sens.

J’ai quitté la douceur d’une fin d’été à Antibes pour un bon automne : 14°C, petit crachin (comme j’aime) et non, ce que je n’appréciais pas à Paris, je ne le trouve pas fabuleux ici. (me voilà rassurée, je garde les pieds sur terre). Ne m’avait-on pas parlé de l’été indien ?

Premier week-end, premières courses au marché de Bogdana Kléminskogo et une vraie impression de changement : plus de 10 kg de fruits et légumes (avec leurs aspects, pas de doute, ils ne sont pas « industriels », le calibrage pour mieux vendre, ils ne connaissent pas encore) pour environ 10 euros. Pour l’instant, l’étape marché s’est arrêtée aux fruits et légumes, je ne suis pas encore prête à y acheter viande (tête de cochon comprise) et poisson fumé.

Premier week-end, premières joies de l’Ukraine (dont Mister Jo avait délibérément oublié de me parler) : la coupure de courant longue durée. Donc ce matin, vers 10 heures et jusqu’à 17h, plus d’électricité, plus d’eau chaude…

Mister Jo : ce que j’ai appris en Ukraine, c’est à prendre des douches froides de temps en temps.
Moi : et ce que tu vas bientôt apprendre en Ukraine, c’est que tu as une femme qui, parfois, ne se lavera pas.

Bientôt 2 mois loin de Paris, Paris me manque.