Miracle de l’Ukraine #1 : le fabuleux périple de mon téléphone

Il y a 10 jours avant le décollage de l’avion pour Kiev, j’envoie un dernier SMS à Alexandra, puis éteint mon téléphone (celui avec un numéro français, celui dont l’écran c’était déjà brisé en milliers de morceaux). A l’arrivée, n’ayant pas l’utilité de ce téléphone dans l’immédiat (j’en ai un avec un numéro ukrainien – je sais, c’est la classe), je ne me précipite pas comme mes co-voyageurs pour le rallumer.

Si bien que, bien plus tard, dans le taxi, je m’aperçois que mon téléphone n’est plus dans mon sac. Le chauffeur de taxi me voyant m’afférer à l’arrière me demande, dans un anglais impeccable, si j’ai oublié quelque chose.

Moi : mon téléphone, il doit être resté dans l’avion

Le taxi : appelez la compagnie maintenant, s’il est dans l’avion, l’équipe du ménage va le retrouver. (évidemment !)

Comme n’importe qui à ma place, je l’écoute, le trouve bien naïf,  lui dit « oui oui » et passe à autre chose (un peu énervée quand même par la situation).

Mais, il insiste « appelez maintenant, vous avez encore une chance de le récupérer, mais il faut le faire tout de suite ».

A la place, j’appelle Mister Jo. C’est lui qui appelle Ukraine International (la compagnie) et les objets trouvés de l’aéroport Boryspil (Бориспіль) de Kiev… en vain. Un dimanche soir, mes chances s’amenuisent, les téléphones sonnent dans le vide.

Finalement, le chauffeur de taxi insistant encore, Mister Jo leur envoie un mail (sans conviction).

Le lendemain matin à 9h, le téléphone de Mister Jo sonne. C’est l’aéroport de Simferopol (Сімферополь) près de Sébastopol (en crimée), ils ont trouvé un Nokia dans l’avion. Quelques heures plus tard, après vérification, c’est bien mon téléphone (facile, avec mon écran, il a un vrai signe distinctif), il est confié à un chauffeur de bus faisant la liaison Sébastopol – Kiev.

Et 72 heures plus tard, pour la modique somme de 58 hryvnias (prononcé grivnias, soit l’équivalent de 5 euros), le téléphone est livré au bureau de Mister Jo. C’est décidé, ce sera mon premier miracle ukrainien !

Finalement, le plus compliqué a été de récupérer une nouvelle puce !

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la nouvelle blague de Mister Jo

« Ma femme est folle, elle passe ses journées à mettre du sucre dans des bouteilles de lait »

connaissez-vous Igor ?

Kiev, Schevchenka lane, mercredi matin, les déménageurs sont partis, qui peut bien sonner à la porte ? j’ouvre, j’ouvre pas, finalement j’ouvre

Igor : Maud ?

Moi : Da

L’homme devant moi entame une grande discussion… avec lui-même en ukrainien. Quelques secondes plus tard, il comprend que je ne le comprends pas et me propose de poursuivre la conversation en anglais. bonne idée !

Igor est donc venu, à la demande du proprio, pour nous installer la TV et Internet. Après un diagnostic de la situation, il me propose « Vis TV ».

Moi : Vis TV ?

Igor : you don’t know Vis TV? it’s a very popular channel in France

Moi : … (j’ai du loupé quelque chose, mais c’est pas comme si je travaillais dans les médias…)

finalement, il me montre un document avec l’offre de Bis TV, un bouquet de chaînes par satellite, qui comprend toutes les chaînes AB (génial) + une grande partie des chaînes de la TNT gratuite et des centaines de chaînes internationales. Le rêve !

Deux jours plus tard, je m’étais habituée à la présence d’Igor dans l’appartement. Ayant enfin branché la cafetière, je lui propose de lui faire mon premier café ukrainien. Il accepte.

Moi : vous souhaitez du sucre, Igor ?

en lui posant la question, je me rends compte que j’ai parlé trop vite, pas sûre que le sucre ait fait partie du déménagement… trop tard, Igor prend du sucre avec son café. je passe en revue mes maigres provisions. ouf, je trouve une boîte de sucre en poudre, que je lui tends accompagnée d’une cuillère.

Long moment de silence… je lis la stupéfaction sur le visage d’Igor. Il semble gêné.

Igor (quelques instants plus tard, la boîte de sucre dans les mains) : je voudrais du sucre, pas du lait

Silence et étonnement de mon côté maintenant.

Finalement, Igor secoue la boîte (et la tête) et comprend : en Ukraine, le sucre n’est pas comme ça. votre sucre a la forme de notre bouteille de lait

je sens que ma première virée chez Auchan (АШАН) sera encore plus compliquée que ce que je pouvais imaginer !

Quand avant d’être expatriate housewife, on est d’abord housewife

3 semaines depuis mon dernier post (cela n’était pas prévu), 3 semaines depuis que j’ai arrêté de travailler… difficile de résumer 3 semaines remplies, 3 semaines d’administratif, 3 semaines de courriers recommandés, 3 semaines de résiliations en tout genre, 3 semaines de déménagement, 3 semaines d’émotion. Avec 2 points d’orgue (exceptionnellement, il y en aura 2) :

–          le 5 juin : fin de l’école, départ de Marcelline, la nounou de rêve, fidèle depuis la naissance de Louise il y a plus de 4 ans, fête de départ avec les copains de Louise au Champ de Mars. Une journée, que j’ai passée à fleur de peau, les larmes aux yeux. Parce que même si l’on entend que les enfants s’adaptent plus vite au changement que nous, même si je sais que Louise a bien compris que nous allions vivre à Kiev, même si je comprends, qu’au vu de ses réactions, Eugénie a bien intégré le changement, le doute persiste. Est-ce que tout va bien se passer pour elles ? est-ce qu’elles seront aussi heureuses ?

–          le 12 juin : appartement vide, état des lieux, dernier regard sur ma Tour Eiffel (depuis mon arrivée à Paris, il y a 15 ans, au fil de mes déménagements, j’ai toujours cherché à m’en approcher le plus possible), déjeuner dans le Marais, un dernier Merveilleux pour la route et hop, direction Roissy pour récupérer Mister Jo puis direction la campagne.

Mes 10 derniers jours parisiens ont été difficiles, en plus de devoir gérer cette boule au ventre synonyme de changement imminent, une sorte de malchance est venue s’agripper à moi :

–          jeudi 4 juin – 22h30 : mail de la société de déménagement, « il manque un document à votre dossier, sans ce document, nous ne pourrons procéder au déménagement ». Le déménagement devant débuter lundi 8, je commence à paniquer, le document a été envoyé il y a plus de 3 semaines, et impossible de régler le problème avant demain matin…

–          vendredi 5 juin.

  • 9h00 Société de déménagement – interlocuteur n°1 (qui n’est pas mon interlocuteur habituel) : « dans notre dossier, votre déménagement n’est pas prévu le 8 mais le 10 »… interlocuteur n°2 (le contact habituel) : finalement pas de problème, les déménageurs seront bien là lundi 8 à partir de 10 heures.
  • 9h30 retour du piano de Mister Jo parti en rénovation depuis quelques semaines.
    • Moi « mais, où est la banquette ? »
    • Livreur de piano « nous ne l’avons pas »
    • elle a donc disparu. unique solution : aller en chercher une lundi à Vélizy (simple)

–          Lundi 8 juin : arrivée des 6 déménageurs (chacun sa pièce) à 8 heures pétantes (et non 10 heures). Inutile de dire que ce que j’avais prévu de faire entre 8 heures et 10 heures, comme préparer ma valise, trier les jouets des enfants, mettre à part les bijoux, documents importants et tout ce dont j’ai besoin au quotidien, tout cela a dû être fait en 15 minutes… avec les erreurs et oublis (comme le chargeur de batterie de mon ordi qui est maintenant dans l’un des 273 cartons du déménagement) que la précipitation engendre.

–          Lundi 8 soir : l’appart est presque vide, je ferme les fenêtres avant de partir me réfugier chez mes beaux-parents à quelques mètres de là, mon téléphone (tout neuf) glisse de ma main, l’écran se brise.

–          Mardi 9 : 8 heures, jour 2 du déménagement, cette fois, je laisse l’équipe pour filer à Vélizy chercher la banquette du piano. Ouf pas trop d’embouteillage.

–          Mercredi 10 : 9h25 je reçois le fedex de Mister Jo avec les documents à faire « apostiller » : au total 8 documents (actes de naissance, acte de mariage, diplômes) nécessitent une apostille pour nos Visas ukrainiens. Facile, il suffit de faire la queue à la cour d’appel de Paris (quai des Orfèvres dans le 1er). Problème n°1, seules 5 apostilles ne peuvent être délivrées… j’ai 8 documents… pas grave, j’essaierai de négocier (et ce n’est pas négociable), alors je ferai 2 fois la queue… en fait, arrivée devant la dame aux autocollants et tampons, je comprends que cela sera plus compliqué que prévu : mes filles sont nées à Neuilly, il faut aller à la cour d’appel de Versailles (normal), elle peut uniquement s’occuper de mon acte de mariage, mais pas des diplômes de Mister Jo car il faut d’abord les faire certifier conforme à la mairie (pourquoi n’y ai-je pas pensé avant). Moi « et après, je peux faire poser les apostilles à Versailles ? », la dame « non, après, vous revenez ici ». A Versailles, le service des apostilles est ouvert de 14h à 16h. J’y suis pour l’ouverture, je passe la première et repars 10 minutes plus tard avec mes 4 documents apostillés… en les regardant, je m’aperçois qu’il y a une erreur sur l’une des apostilles… 15 minutes plus tard, après avoir assister à une tentative de décollage puis recollage de l’apostille, j’ai compris qu’il fallait mettre mon mal en patience, aller à la mairie de Neuilly refaire un acte de naissance, puis retourner à Versailles faire reposer une apostille… avant 16h (tout simplement)

–          Jeudi 11, la boule au ventre, je vais déposer ma voiture chez Mini pour réparation du feu arrière gauche. « désolée, Madame, nous avons oublié de commander la pièce, impossible d’en avoir une avant lundi »… tant pis

–          Vendredi 12, résiliation EDF impossible… « un agent sera sur place mardi prochain entre 12 heures et 16 heures, son déplacement vous sera facturé »

Comme me l’a écrit Léa, tous ces contre temps n’étaient pas de la malchance, juste une façon de me faire comprendre qu’il était temps de partir… Bye bye avenue Rapp, bye bye Paris.