Aller simple pour Kiev

Ça y est, à force d’en parler, il fallait bien que cela arrive. Me voilà donc depuis hier (après un bon mois de vacances) à Kiev (visa en poche) pour longtemps, sans date de retour en France. Au moins jusqu’à ce que j’ai obtenu mon permis de séjour !

Au fond de moi, même si j’avais le cœur serré avant de prendre l’avion, j’attendais ce moment. Il est vraiment temps maintenant que cette nouvelle vie d’expatriée commence, et que ce blog prenne tout son sens.

J’ai quitté la douceur d’une fin d’été à Antibes pour un bon automne : 14°C, petit crachin (comme j’aime) et non, ce que je n’appréciais pas à Paris, je ne le trouve pas fabuleux ici. (me voilà rassurée, je garde les pieds sur terre). Ne m’avait-on pas parlé de l’été indien ?

Premier week-end, premières courses au marché de Bogdana Kléminskogo et une vraie impression de changement : plus de 10 kg de fruits et légumes (avec leurs aspects, pas de doute, ils ne sont pas « industriels », le calibrage pour mieux vendre, ils ne connaissent pas encore) pour environ 10 euros. Pour l’instant, l’étape marché s’est arrêtée aux fruits et légumes, je ne suis pas encore prête à y acheter viande (tête de cochon comprise) et poisson fumé.

Premier week-end, premières joies de l’Ukraine (dont Mister Jo avait délibérément oublié de me parler) : la coupure de courant longue durée. Donc ce matin, vers 10 heures et jusqu’à 17h, plus d’électricité, plus d’eau chaude…

Mister Jo : ce que j’ai appris en Ukraine, c’est à prendre des douches froides de temps en temps.
Moi : et ce que tu vas bientôt apprendre en Ukraine, c’est que tu as une femme qui, parfois, ne se lavera pas.

Bientôt 2 mois loin de Paris, Paris me manque.

Préambule

Voilà dans 3 semaines, je quitte Paris.

C’est le cœur lourd que je quitte cette ville, que j’ai adopté et aimé passionnément, et une vie construite comme je l’imaginais.

Il y a un peu plus de 15 ans, je quittais la Côte d’Azur pour Paris sans aucun remord, comme une évidence. Je débarquais dans cette ville, que je connaissais à peine, conquérante et véritablement à l’assaut du monde professionnel, avec une ambition qu’aujourd’hui j’ai du mal à retrouver… elle s’est perdue au fil des années sans que je ne m’en aperçoive vraiment. La vie, l’amour, les bébés, la crise, les changements de priorités… la course continuelle contre le temps est devenue mon objectif principal et quotidien. Facile d’imaginer qu’à ce jeu, on est souvent perdant.

Comment vivre pleinement une carrière professionnelle, quand on est une femme, sans être un peu égoïste ? et comment supporter cette part d’égoïsme quand on a des enfants ?

Le déclic : l’été dernier, épuisée par une année de sommeils entrecoupés de nombreuses pauses biberons, je regardais ma belle-mère, une super woman (brillante carrière et vie personnelle accomplie), et j’ai pensé tout haut « mais comment a-t-elle fait ? ». La révélation est venue de mon beau-père qui spontanément me dit « vous savez Maud, à l’époque tout était plus simple, il n’y avait pas d’embouteillage, à la maison, on était aidé, il n’y avait pas cette même urgence au travail ».

Mails, appels, mails, pleurs, PME perso à gérer, appels, mails, mails, mails… début de déconnexion en cours…

Dans ce contexte, comment ne pas accepter la proposition de Mister Jo (car il l’a obtenu son smart move) d’une expatriation à Kiev ?

Ce blog existe avant tout pour partager cette nouvelle aventure et garder un lien avec vous, ma famille éparpillée, mes belles rencontres, mes jolies expériences, et tout ceux qui ont contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Il me permettra aussi de conserver ma rigueur, un rythme.

Ce blog, c’est ma façon d’écrire une nouvelle page de ma vie sans oublier les précédentes. C’est assumer un choix, celui d’arrêter provisoirement de travailler, pour retrouver un rapport au temps plus sain…
Les nombreuses heures que je passais en réunion ou à écrire des communiqués de presse, corriger des plaquettes, briefer des agences ou animer des réseaux sociaux, seront désormais consacrées à de nouvelles choses : passer du temps avec mes bébés, prendre le temps d’apprendre le russe intensivement, découvrir une nouvelle culture, laisser place à l’imprévu… me retrouver.

Merci Mister Jo pour cette pause inespérée.

Et puis, à Kiev, je suis certaine que j’aurai des milliers d’anecdotes à raconter !

до завтра